Il était une fois… Magalie

 

 

Salut… Internet…

C’est contraint et forcé que je vous écris en ce triste jour. L’impensable est arrivé. En effet, c’est non sans un certain effroi que je me suis vu remettre une mystérieuse lettre de menaces.
Pire, non seulement on me l’a remise, mais en plus… elle m’était adressée ! Quel odieux comportement… Moi qui ai sué sang et eau, moi qui suis le sel de leur purée, moi sans qui tout ça serait tellement moins… pareil… MOI, sans qui cette bande de pauvres petits humains prétentieux ne seraient rien d’autre que de pauvres petits humains prét… bref… MOI QUOI !!

Alors non seulement ces vils goujats ont le culot de me rappeler que c’était prévu, mais paraît même qu’il y’en aura plusieurs… quelle horreur… hein ? Pardon ? Plusieurs quoi ? Mais si vous savez, les articles destinés à mettre en lumière les acteurs de notre fâmeuuuse “Grande chaîne du livre”.
Et ce n’est pas tout, oh que non… pour vous dire à quel point ils sont prêts à tout, ils sont allés jusqu’à menacer de me sucrer mon stock de vin chaud !!

C’est donc le couteau sous la gorge que je m’exécute.

En avant donc, faites places, roulez les tambours, trépignez d’impatience, languissez, ne tenez plus en place… c’est le premier, c’est un créateur, il est la pierre angulaire de tout ce joyeux remu ménage, la pièce maîtresse sur l’échiquier, la clé de voûte de cette belle et grande entreprise… J’ai nommé : L’auteur ! Mieux, l’auteure !!

Pour cette fois nous parlerons donc de Magalie, auteure de son état, 26 ans et toutes ses dents. Ceux qui suivent la connaissent surement déjà, mais pour les autres :

Maintenant que les présentations sont faites… Allez hop, en piste ! 

 

Création – l’auteure

Bah… Enchaîne, peut-être, non ?

Hé mais… tu attends qu’on te pose une question, en fait ?! Comme tu te sers de nous pour introduire tes articles…

Bon, c’est quoi “l’auteure” ?  finissez-vous par lâcher dans un soupir


Alors, autant faire les choses bien, on ouvre le dictionnaire histoire de travailler nos bases :

auteur \o.tœʁ\ masculin (équivalents féminins : auteure, autrice)
Personne qui est à l’origine de quelque chose.

 

Maintenant qu’on est tous d’accord… Magalie est donc à l’origine du contenu de la création littéraire, c’est elle qui fournit la matière première.
Qu’elle remplisse des pages à la plume avec un grand verre de vin ou sur traitement de texte avec un thé chaud ; Qu’elle écrive sous le coup d’une inspiration soudaine, qu’elle ait passé des décennies à échafauder son intrigue, qu’elle s’enferme dans un genre ou soit polyvalente, réponde à une commande ou propose spontanément son roman (…), c’est cette petite rigolote (ou grande rabat-joie, je vous laisse trancher) qui est à l’origine de la création.
Auteure, écrivaine, scénariste, bédéiste, romancière (…), ce drôle d’oiseau se décline aussi bien que son support mais, une fois n’est pas coutume, je vais rester simple : c’est celle qui a écrit le truc que vous lisez en somme.

Un petit cas particulier qui mérite d’être cité : le prête-plume, ou le ghost writer, est l’auteur caché derrière l’écrivain apocryphe (ou hypocrite, je ne sais plus…). Ce petit coquinou n’aura pour seul mérite que de prêter son nom à la couverture d’une oeuvre, laissant le soin à son prête-plume d’en écrire les pages.

 

Mais du coup… Comment elle trouve du travail ? Comment elle fait pour se faire publier ? Comment on fait pour vivre quand on est auteur ?!

Là encore, les approches varient selon les pratiques de chacun, la nature de l’oeuvre, l’envergure du projet, etc. Mais s’il n’y a pas de vérité absolue à l’horizon, il nous est malgré tout possible de distinguer trois principaux cas de figures :

L’auto-édition : Dans ce premier cas, Magalie assume seule le travail éditorial. Les dépenses nécessaires pour mener à bien le projet sont donc aussi à ses frais, mais elle n’a de comptes à rendre à personne, si ce n’est à ses lecteurs·rices.

L’édition à compte d’auteur : Si elle décide de signer ce type de contrat, elle devra participer aux frais de réalisation et assurer la promotion (ou une partie de celle-ci). En contrepartie, ce mode de fonctionnement lui permet de confier les tâches de conception et de distribution à son éditeur.

L’édition à compte d’éditeur : Si Magalie signe ce contrat avec un éditeur, elle n’aura alors à se consacrer qu’au travail de création. Selon les cas, elle sera rémunérée de manière forfaitaire et/ou en pourcentage sur les ventes.

 

Bon mais… au final elle est bien payée, Magalie ?

Traditionnellement (édition à compte d’éditeur), elle est rémunérée conformément au système des droits d’auteurs. Elle reçoit ainsi un pourcentage des recettes liées à la vente de son livre. Ce pourcentage varie selon le nombre d’exemplaires vendus. Magalie gagne de cette manière entre 6 et 12% du prix de l’ouvrage.
Il lui est également possible de recevoir un “à-valoir”, ou avance sur les droits d’auteur, en contrepartie de son travail.
Concernant les autres formes d’édition, il est difficile de donner un exemple représentatif puisqu’encore une fois, il existe une moultitude de cas de figure. 

 

Et c’est qui ses collègues, avec quels acteurs elle collabore ton auteure ?

Puisque c’est de son bébé qu’il s’agit (Bah oui quand même oh !), elle est amenée à dialoguer avec pas mal d’acteurs de la chaîne. Principalement avec le beta-lecteur et le correcteur/relecteur, et bien sûr avec l’éditeur, qui est généralement son interlocuteur privilégié.
Dans certains cas, elle aura l’occasion de traiter avec l’illustrateur ou le traducteur de son oeuvre (l’éditeur faisant souvent office de tampon).

Aujourd’hui, avec le numérique qui lui permet de dialoguer directement avec les lecteurs et autres influenceurs, Magalie est de plus en plus sollicitée pour la promotion de son livre.

 

Mettons que je veuille devenir auteur… T’as pas un ou deux conseils qui traînent ? Un sinueux parcours à nous recommander ?

Restons cliché et générique :

1/ Aucun, si ce n’est l’école de la vie, mes p’tits.

2/ Lire évidemment beaucoup beaucoup… et même encore plus.

3/ L’autre meilleure chose à faire est encore d’écrire. Et de vous faire relire. Et d’écrire encore (beaucoup beaucoup et même encore plus). Parce qu’une plume, ça s’aiguise, et le talent, ça s’entraîne.

Maintenant qu’on s’est débarrassé des généralités d’usage, il est évident que chacune de ces petites bêtes a son processus bien à elle, aussi n’ai-je pas vraiment de “pattern” précis à vous conseiller… pas de solution clé en main quoi.
Ceci étant dit, construire une intrigue – à en juger par le tas de bouquins, blogs, videos, événements, etc. qui circulent sur la question – ça peut s’apprendre (la stagiaire me souffle que son livre-chouchou sur la question est « L’anatomie du scénario » de John Truby… je dis ça je dis rien…).
Il existe aussi quelques formations – scolaires ou pas – pour apprendre les codes du scénario, analyser les constructions de l’intrigue (Femis, CLCF, ESIS, etc.)…

À moins d’avoir déjà une forte communauté de lecteurs·rices et/ou une expérience des métiers de l’édition, nous vous conseillons de rester très prudent si vous décidez d’investir de l’argent dans votre livre.

 

Bon, je crois qu’on a plus ou moins fait le tour de la question, vous savez ce qu’il vous reste à faire. Que retenir de tout ce pavé ? Comme pour tout, l’important c’est de S’EX-ER-CER… mais surtout d’y prendre du plaisir.

 

C’était Otto le magnifique, à vous les studios !

 

 

 

Mais… Comment ça marche-t-il donc ?


Salut Internet,

 

Vous voulez en savoir plus sur les fâââmeux acteurs des mondes du livre ? Vous n’en pouvez plus de lire la fâââmeuse formule à tout bout de champ dans la com’ de mes… “collègues” ? C’est pour répondre à cet incoercible besoin de satisfaire à votre curiosité avide que je suis là aujourd’hui. Alors accrochez-vous à vos slips, vous vous apprêtez à découvrir en exclusivité presque mondiale la vision Story-makeresque de ce mécanisme huileux qu’est la grande chaîne du livre.

“La chaîne du livre” est en soi une analogie déjà forte de sens. Si cette logique est vraie pour de nombreux corps de métier (pour ne pas dire tous), tout le monde n’est pas nécessairement au fait des subtilités propres à chacun.

À l’image d’une chaîne, donc, le monde du livre est composé de maillons (certains diraient acteurs, moi je préfère “mignons”, mais par souci de neutralité nous parlerons de maillons) qui interagissent entre eux. Ces maillons sont légions et, pour la plupart, inconnus au bataillon. De l’auteur au lecteur, de l’idée génialement fulgurante à ce délicat assemblage de fines tranches pulpeuses et fortes en symboles,, une myriade de petites et grandes mains entrent en jeu pour venir enrichir votre bibliothèque adorée. Évidemment, j’aurais pu disserter des heures sur qui de l’oeuf ou la poule à pondu le plus beau chapitre, mais avec un peu de recule, il serait bien réducteur d’arrêter là notre réflexion. Essayons plutôt de décortiquer tout ça.

Un “tout ça” un tantinet complexe il est vrai. Les frontières entre les rôles de chacun sont parfois mal définies (voir inexistantes) et nombreux sont ceux qui optent pour la casquette à visières multiples.

 

 

Dis donc, Otto, tu nous prendrais pas un peu pour des becs à foin ?! Et voilà que vous vous offusquez encore. Quel point sensible ai-je encore effleuré cette fois ? Pourrait-on au moins entrer dans le vif du sujet avant que cet article ne se transforme en pugilat ?!

 

La croyance populaire a fâcheuse tendance à réduire les métiers du livre à 4 protagonistes : l’auteur, l’éditeur, le point de vente et le lecteur. Si cette vision des choses est donc plutôt réductrice, elle permet néanmoins de définir 4 grandes familles d’acteurs évoluant au sein de cette chaîne (c’est si bon de ranger les gens dans des cases !) :

 

Les créateurs 

Les créateurs fournissent la matière première de l’ouvrage.

De l’idée originale habilement mise en mots et fruit de la créativité débridée de l’auteur, aux traducteurs, illustrateurs, graphistes et autres photographes, dont la tâche et de créer, pour une œuvre, l’écrin qu’elle mérite.

 

Les concepteurs 

Les concepteurs interviennent pour donner forme à une création.

L’éditeur fait figure de chef d’orchestre. Il est là pour faire le pont entre les différents corps de métiers. Garant de la viabilité du projet, c’est également lui qui détermine la ligne éditoriale à respecter, ainsi que les objectifs à atteindres.

Les correcteurs et maquettistes, notamment, sont là pour assembler les pièces du puzzle tout en assurant la qualité du produit fini.

Enfin vient l’étape de la fabrication à proprement parler. C’est aux imprimeurs, relieurs, intégrateurs (…) que revient ce travail dit de “façonnage”.

 

Les diffuseurs-distributeurs 

Les diffuseurs-distributeurs font le lien entre le produit fini, l’objet livre, et sa mise à disposition auprès des lecteurs.

Les diffuseurs sont en charge de l’ensemble des opérations commerciales et marketing mises en oeuvre pour promouvoir une création, tant au niveau des futurs acheteurs que des différents réseaux de vente. Ils sont ainsi amené à travailler avec des annonceurs et des publicitaires.

Les distributeurs s’occupent de l’activité logistique et prennent donc en charge la gestion physique de l’oeuvre, en assurant son stockage ainsi que son transport. Ils ont également à charge la gestion des commandes et des retours de stocks.

Il est à noter que la terminologie “diffuseur-distributeur” est couramment employée, dans la mesure où nombre des sociétés proposant ce type de service assument les deux casquettes.

 

Les prescripteurs

Les prescripteurs lisent, discutent, critiquent, décortiquent et recommandent (ou non) une création littéraire.

Finalement, chaque maillon de cette chaîne est un peu prescripteur. Si le lecteur conseille ses livres préférés autour de lui, les auteurs et les éditeurs font la promotion de leurs créations durant les salons, au même titre qu’un libraire recommande des lectures à ses clients.

En parallèle, les critiques et chroniqueurs littéraires de tous bords entrent à leur tour dans la danse. S’adressant directement aux lecteurs, ils jouent un rôle déterminant dans le travail de prescription réalisé autour de la sortie d’une œuvre.

 

Les autres

Parce qu’à mon grand dam, on ne peut pas tout ranger dans des petites cases bien propres, il existe tout un panel d’autres acteurs qui gravitent autour de cette chaîne et sont présents à différents embranchements : agents et représentants littéraire, juristes, archivistes, syndicats, structures officielles (SNE, CNL, Région, etc.), outils dédiés…  Et vu que je suis un chouette type, je dédierai évidemment un article à chacun de ces inclassables larrons.

 

 

Mais comme un petit dessin vaut parfois mieux qu’un long discours… j’ai mis notre responsable coloriage sur le coup. Si on ajoute à ça mes légendaires prouesses pédagogiques, vous devriez, je l’espère, y voir une véritable révélation schématique :

 

Des fois que vous vouliez avoir l’image en plus grand… 

 

C’est joli, hein ? C’est plutôt clair, en plus. Évidemment, le graphiste se devait de rester synthétique par souci de lisibilité, mais dans les grandes lignes c’est assez fidèle à l’idée qu’on s’en fait.

 

Voilà, je crois que j’en ai assez dit pour aujourd’hui.

Pour la prochaine fois, je vous prépare un petit article – tenez vous bien – dédié aux créateurs (et c’est pas de moi qu’on parle là) ! Ça sera pour moi l’occasion d’entrer un peu plus dans le détail sur les rôles de chacun dans cette drôle de machine.

Dans mon humble démarche, je vous laisse vous déchaîner en commentaires : balancez-moi avis, désaccords, arguments, contre-arguments… En bref, dîtes-moi comment vous la voyez vous, cette grande chaîne du livre !

Projet à suivre, donc…

Otto.